Afghanistan : information sur la minorité ouzbèke, y compris sur sa taille, les endroits où elle vit, ses rapports avec les autorités et d’autres groupes ethniques; la capacité des Afghans d’origine ouzbèke de vivre à Kaboul; le traitement réservé aux citoyens afghans qui retournent au pays, y compris ceux d’origine ouzbèke qui sont nés ou ont vécu à l’étranger, plus particulièrement en Arabie saoudite; la protection offerte par l’État (2016-juin 2018)
1. Taille de la population et endroits où elle vit
Des sources estiment qu'en 2017, la population de l’Afghanistan se chiffrait entre 34 et 36 millions (É.-U. 12 juill. 2018; Nations Unies [2018]). Des sources précisent que les Afghans d’origine ouzbèke représentent 9 ou 10 p. 100 de la population du pays (MRG 19 juin 2015; Political Handbook of the World 2017, 3; É.-U. 12 janv. 2015, 4). Selon le World Factbook de la CIA, l’ouzbek y est parlé par 11 p. 100 de la population (É.-U. 13 juin 2018).
Des sources mentionnent que les Ouzbeks vivent dans le Nord de l’Afghanistan (Finke 2017, 253; MRG 19 juin 2015; HuffPost 6 juill. 2016). Peter Finke, un professeur d’anthropologie sociale à l’Université de Zurich (UZH) ayant publié plusieurs ouvrages sur l’identité ouzbèke (UZH s.d.), écrit que, dans la ville de Mazar-e-Charif [située dans le Nord de l’Afghanistan, près de la frontière avec l’Ouzbékistan,] et dans la région environnante, les Ouzbeks [traduction] « forment l’un des groupes dominants et sont majoritaires dans plusieurs quartiers urbains (mahalla) et districts ruraux » (Finke 2017, 254). Des sources ajoutent que les Ouzbeks constituent de 40 à 45 p. 100 de la population à Emam Saheb, dans la province de Kondoz, dans le Nord de l’Afghanistan (APPRO avr. 2016, 79; CPAU 2013). Dans un rapport de 2016 préparé par la Norwegian Commission on Afghanistan, une commission indépendante établie au titre d’un décret national, où l’on cite des rapports de la Banque mondiale et de The Liaison Office (TLO), une ONG afghane (TLO s.d.), il est écrit que, dans la province de Faryab [dans le Nord de l’Afghanistan, à la frontière du Turkménistan], [traduction] « environ la moitié [de la population] est ouzbèke; viennent ensuite les Tadjiks, les Aïmaks et les Pachtounes » (Norvège 6 juin 2016, 121). Le bureau du gouverneur de la province de Djozdjan [Jowzjan] souligne que les Ouzbeks et les Turkmènes sont les principaux groupes ethniques vivant dans cette province septentrionale (Afghanistan s.d.a).
2. Rapports avec les autorités
Des sources déclarent que la constitution de l’Afghanistan reconnaît des groupes ethniques, y compris les Ouzbeks (É.-U. 13 juin 2018; MRG 19 juin 2015). L’article 4 de la constitution porte que [traduction] « l’Afghanistan se compose des ethnies suivantes : Pachtounes, Tadjiks, Hazaras, Ouzbeks, Turkmènes, Baloutches, Pachaïs, Nouristanis, Aïmaks, Arabes, Kirghizes, Qizilbashi, Gujars, Brahouis et autres » (Afghanistan 2004, art. 4). Des sources ajoutent que l’ouzbek est une troisième langue officielle du pays (É.-U. 13 juin 2018; MRG 19 juin 2015; Political Handbook of the World 2017, 3) [traduction] « dans les régions où [ses] locuteurs sont majoritaires » (É.-U. 13 juin 2018; Political Handbook of the World 2017, 3). L’article 16 de la constitution est ainsi libellé :
[traduction]
Parmi le pachtou, le dari, l’ouzbek, le turkmène, le baloutchi, le pachaï, le nouristani, le pamiri et d’autres langues parlées au pays, le pachtou et le dari sont les langues officielles de l’État. Dans les régions où la majorité des habitants parlent l’une des langues suivantes - l’ouzbek, le turkmène, le pachaï, le nouristani, le baloutchi ou le pamiri -, celle-ci sera considérée comme la troisième langue officielle après le pachtou et le dari et son usage sera régi par la loi […] (Afghanistan 2004, art. 16).
Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, un représentant de l'Afghanistan Analysts Network (AAN), une organisation sans but lucratif qui est dotée d’une équipe à Kaboul et qui mène des recherche sur les politiques et produit des analyses sur l’Afghanistan (AAN s.d.), a expliqué que, sous le régime de la loi afghane, [traduction] « tous les citoyens de ce pays jouissent des mêmes droits » et que « la persécution des Ouzbeks en tant que groupe n’existe pas là-bas » (AAN 27 juin 2018). La même source a ajouté que,
[traduction]
toutefois, les préjugés fondés sur l’origine ethnique sont courants et continuent de se répandre dans la société afghane. Dans certains cas, ce sont des représentants de l’autorité qui en sont porteurs et ils peuvent être perçus comme de la discrimination entérinée par l’État. Des membres de certains groupes ethniques peuvent aussi subir de la discrimination, voire de la persécution, de la part des forces armées progouvernementales, tout particulièrement de forces semi-regulières ou irrégulières, surtout en zone de conflit (AAN 27 juin 2018).
Selon un rapport sur l’Afghanistan publié en 2017 par l’International Crisis Group, le président Ghani et le chef de l’exécutif, Abdullah Abdullah, [traduction] « pourvoient la fonction publique et les services de sécurité de plus que leur lot d’alliés, principalement en fonction de leur appartenance à un groupe ethnique », le premier y allant avec des « camarades pachtounes » et le second, des « camarades tadjiks », ce qui véhicule une « perception de discrimination au sein des groupes exclus, tout particulièrement les Hazaras et les Ouzbeks […] et contribue à un clivage ethnique et régional grandissant » (International Crisis Group 10 avr. 2017, i). On peut lire dans cette même source que, d’après des données recueillies par une mission diplomatique, au sein du Cabinet du gouvernement d’unité nationale et des gouvernorats des provinces, 14 des 23 personnes nommées par Abdullah Abdullah étaient des Tadjiks, 5 des Hazaras et 3 des Pachtounes ou des Ouzbeks; 29 des 40 personnes nommées par le président Ghani étaient des Pachtounes, 5 des Ouzbeks et 5 des Tadjiks ou des Hazaras (International Crisis Group 10 avr. 2017, 16). La même source ajoute que, suivant une [traduction] « étude réalisée en juin 2016 par un journal afghan, dans 46 ambassades et consulats de l’Afghanistan, 16 postes supérieurs étaient occupés par des Pachtounes, 14 par des Tadjiks, 2 par des Ouzbeks et 2 par des Hazaras » (International Crisis Group 10 avr. 2017, 16).
Il est écrit dans un article publié par Reuters en septembre 2017 que, selon une note de service du Cabinet du président Ghani ayant fait l’objet d’une fuite, [traduction] « "les Tadjiks et les Ouzbeks, qui relèvent totalement de nous, devraient recevoir des nominations symboliques pour que le peuple pense que chaque groupe ethnique est représenté ici" »; le Cabinet du président a expliqué que la note était en fait « "un document de nature personnelle envoyé par un de ses employés, qui n’est pas à l’image de la politique qu’applique le Cabinet" » (Reuters 21 sept. 2017). La même source cite également les propos du porte-parole du président Ghani selon lesquels [traduction] « la discrimination fondée sur l’origine ethnique n’a pas sa place au sein du gouvernement » (Reuters 21 sept. 2017). Dans une communication envoyée à la Direction des recherches le 21 juin 2018, une maîtresse de conférences en sociologie à City, Université de Londres, qui a publié des ouvrages sur le retour forcé en Afghanistan, qui a dirigé des travaux sur le terrain à Kaboul et qui s’est rendue dans d’autres villes du pays, y compris Mazar-e-Charif et Samangan dans le Nord, a fourni un rapport sur les risques auxquels sont exposés les Afghans qui retournent au pays, lequel rapport a été préparé en juillet 2017 aux fins d’une décision d’orientation sur l'Afghanistan pour le Royaume-Uni; dans ce rapport, elle explique que [traduction] « la discrimination et la ségrégation fondée sur l’origine ethnique » sont présentes au moment de pourvoir des postes, y compris au sein du gouvernement, et fournit l’exemple suivant :
[A]u sein du ministère des Réfugiés [et du Rapatriement] (Ministry of Refugees [and Repatriation - MoRR]), tous les conseillers du ministre sont - à l’instar du ministre lui-même - sayyid [descendant du prophète Mahomet]. Son sous-ministre des Finances et de l’Administration est un Pachtoune du district de Surkh Rod, dans la province de Nangarhar. Son secrétaire, ses conseillers, ses chefs de service, ses gardes du corps et son chauffeur sont tous des Pachtounes de Surkh Rod. Le MoRR n’est pas le seul à présenter un tel tableau (maîtresse de conférences 20 juill. 2017).
Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, un professeur d’histoire islamique de l’Université du Massachusetts à Dartmouth, dont les champs de recherche comprennent le conflit en Afghanistan ainsi que le nationalisme et l’identité en Asie centrale, a expliqué que, en Afghanistan, [traduction] « [l]a tension est considérable entre les Ouzbeks, un peuple turco-mongol, et le gouvernement, dominé par leurs ennemis héréditaires, les Pachtounes d’origine aryenne et, dans une moindre mesure, les Tadjiks d’origine persane » (professeur 20 juin 2018). De même, Minority Rights Group International (MRG) signale que, au sein de l’État, [traduction] « les Pachtounes dominent largement la sphère politique afghane, quoique d’autres groupes ethniques, notamment les Tadjiks, ont aussi exercé une grande influence politique à diverses époques » (MRG s.d.). On peut lire dans un rapport sur l’Afghanistan publié en 2015 par le British & Irish Agencies Afghanistan Group (BAAG) et le Royal United Services Institute (RUSI) [1], que sont véhiculées au pays [traduction] « [d]es perceptions voulant que les Pachtounes, les Tadjiks et les Hazaras soient recrutés dans cet ordre de priorité à des postes au sein de la fonction publique et des ONG » (BAAG et RUSI 16 déc. 2015, 10). Au dire du professeur, [traduction] « les Ouzbeks ont l’impression d’être sous-représentés, et des manifestations ont eu lieu contre la nomination, par le pouvoir dirigeant, de gouverneurs et de chefs de police pachtounes impopulaires en territoire ouzbek, comme la province de Djozdjan » (professeur 20 juin 2018). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens.
D’après des sources, Abdul Raouf [Rauf] Ibrahimi, un Ouzbek, a été choisi en 2011 comme président de la Wolesi Jirga (chambre du peuple) (É.-U. 12 janv. 2015, 9; Asia-Plus 9 juin 2015), [traduction] « un candidat placé là en guise de compromis » (É.-U. 12 janv. 2015, 9).
MRG signale que les Ouzbeks, en tant que partie à l’Alliance du Nord ayant combattu le régime des talibans, ont acquis [traduction] « plus d’influence sur la scène militaire et politique afghane » depuis la chute de ce régime (MRG 19 juin 2015). Des sources précisent que le Jumbish-i-Milli Islami [Jumbish-i-Milli Islami Afghanistan, Junbesh-e Melli] est un parti à prédominance ouzbèke dirigé par [le premier] vice-président de l’Afghanistan, le général Abdul Rashid Dostum [Dostam] (Political Handbook of the World 2017, 11-12; International Crisis Group 10 avr. 2017, 24). De même, dans un rapport sur l’Afghanistan, le Bureau européen d’appui en matière d’asile (European Asylum Support Office - EASO) de l’Union européenne (UE) déclare que le soutien dont jouit le Jumbish-i-Milli vient principalement des Ouzbeks du Nord de l’Afghanistan (UE mai 2018, 11). Il est écrit dans le rapport de 2016 de la Norwegian Commission on Afghanistan que le Jumbish-i-Milli dispose d’un [traduction] « réseau qui s’étend jusqu’à Kaboul et à ses provinces environnantes » (Norvège 6 juin 2016, 126). D’après l’EASO, le parti et son dirigeant, M. Dostum, [traduction] « jouent un rôle central dans le monde politique afghan, plus précisément dans le Nord et l’Ouest du pays » (UE mai 2018, 11).
Selon des sources, Ahmad Ishchi [un aîné d’une tribu, rival politique de Dostum (É.-U. 20 avr. 2018, 3) et ancien gouverneur de Djozdjan (Nations Unies 3 mars 2017, paragr. 5)] a prétendu que, en novembre 2016, il avait été détenu, agressé sexuellement (Nations Unies 3 mars 2017, paragr. 5; É.-U. 20 avr. 2018, 3), battu et torturé par M. Dostum et ses hommes (É.-U. 20 avr. 2018, 3). Concernant ces allégations, les Nations Unies signalent que, en décembre 2016, M. Dostum a été [traduction] « officiellement nommé en tant que suspect » et qu’il a refusé de se plier aux sommations qui lui ont été signifiées en vue d’un interrogatoire (Nations Unies 3 mars 2017, paragr. 5). D’importantes personnalités du parti Jumbish-i-Milli ont accusé le gouvernement de [traduction] « tentative de marginalisation des Ouzbeks en tant que groupe ethnique » et ont organisé des manifestations contre le traitement réservé à M. Dostum (Nations Unies 3 mars 2017, paragr. 5). Selon un article publié en mars 2017 par Pajhwok Afghan News (Pajhwok), une agence de presse indépendante afghane dont le siège se situe à Kaboul (Pajhwok s.d.), M. Dostum était [traduction] « assigné à résidence » et aurait dit que « le palais présidentiel écartait sciemment un groupe ethnique de la scène politique du pays » et que le gouvernement « voulait réduire la présence d’un groupe ethnique fort dans l’arène politique » (Pajhwok 27 mars 2017). MRG a ajouté que, [traduction] « après les accusations de torture et de viol d’un adversaire politique », M. Dostum a fui le pays en mai 2017 (MRG s.d.). Le professeur a expliqué que les Ouzbeks [traduction] « ont l’impression que leur chef, le général Dostum, a été exilé en Turquie sans avoir le droit de se défendre » (professeur 20 juin 2018). Les Nations Unies ajoutent ce qui suit :
[traduction]
En l’absence de M. Dostum, [« à l’extérieur du pays […] alors qu’il est visé par des accusations d’agression sexuelle présumée en Afghanistan »] M. Ghani a pris des mesures pour renouer avec les Ouzbeks; il a en effet tenu une réunion le 23 octobre [2017] avec plusieurs anciens associés du premier vice-président [M. Dostum] et membres du parti Junbish-i Nawin, un nouveau groupe politique qui cherche à obtenir le soutien des électeurs ouzbeks. Après la réunion, plusieurs membres importants du Junbish-i Milli ont accepté des postes au sein du gouvernement. Toutefois, le fondateur du Junbish-i Milli, M. Dostum, bénéficiait toujours d’un appui loyal chez les représentants du parti en province et les Ouzbeks du Nord (Nations Unies 15 déc. 2017, paragr. 9).
Il est écrit ce qui suit dans les Country Reports on Human Rights Practices for 2017 publiés par les États-Unis :
[traduction]
Certains rapports signalent que, en février [2017], un groupe d’aînés ouzbeks de la province de Takhar [dans le Nord-Est de l’Afghanistan] a prétendu que la population locale avait subi des mauvais traitements de la part de Piram Qul, commandant local et ancien parlementaire. Ces aînés ont affirmé que les hommes de Piram Qul avaient non seulement tué Ainuddin Rustaqi, un membre populaire du Conseil provincial de Takhar (Takhar Provincial Council), en avril 2016, mais également tué quatre policiers locaux au cours de cette même année et continué à torturer des détenus et des prisonniers dans des prisons extrajudiciaires. Ils ont aussi déploré le soutien dont Piram Qul aurait bénéficié de la part du gouvernement pour son rôle de chef d’un « groupe de soulèvement populaire » - à savoir une milice progouvernementale (É.-U. 20 avr. 2018, 13-14).
3. Rapports avec d’autres groupes ethniques
Le professeur a fourni les explications suivantes :
[traduction]
Les conquêtes brutales des Pachtounes (Afghans) sur les Ouzbeks perdurent depuis plus d’un siècle, et le souvenir collectif qu’ont les Ouzbeks de la soumission et de la conquête violentes de leur peuple par les Pachtounes dans les années 1880 est toujours bien vivant. […] Les talibans, principalement d’origine pachtoune, ont massacré des Ouzbeks, brûlé des villages, violé des femmes, etc., exacerbant ainsi l’antagonisme entre ces deux peuples depuis 1997-2001. Les rapports avec les Tadjiks étaient eux aussi tendus, ceux-ci luttant contre les Ouzbeks pour le pouvoir dans le Nord, et les deux dirigeants - le général Dostum et Atta le Tadjik - se sont livré des batailles de char en 2002-2004 [en plus de] raids menés en représailles. Les Mongols ouzbeks sont plus près des Mongols hazaras, même si ces derniers sont chiites, contrairement aux Ouzbeks sunnites (professeur 20 juin 2018).
Au dire de Peter Finke, puisqu’ils faisaient partie de l’Alliance du Nord, les Ouzbeks d’Afghanistan [traduction] « se sont rangés du côté de la plupart des autres minorités de la région, en particulier des Tadjiks, bien qu’une telle relation se soit souvent révélée fragile » (Finke 2017, 254). On peut lire dans le rapport de 2016 de la Norwegian Commission on Afghanistan que, dans la province de Faryab, [traduction] « la principale difficulté » entachant les dynamiques politiques de 2001 et 2014 était « les rivalités ethniques, en particulier entre les deux principaux groupes d’habitants des districts les plus défavorisés : la majorité ouzbèke et la minorité pachtoune. La province a aussi connu son lot de conflits entre Tadjiks et Ouzbeks » (Norvège 6 juin 2016, 126). De même, selon un rapport préparé en 2017 par l’EASO, Ahmad Waheed, [traduction] « un chercheur indépendant spécialiste de l’Afghanistan collaborant également avec l’École navale supérieure (Naval Postgraduate School) des États-Unis pour son programme sur la culture et les conflits », a expliqué, au cours d’une entrevue accordée à l’EASO en août 2017, que des conflits « risquent fort de naître entre différents groupes ethniques vivant dans une même région, par exemple […] dans des régions où les Pachtounes côtoient des Tadjiks ou des Ouzbeks » (UE déc. 2017, 84).
Les Country Reports 2016 publiés par les États-Unis précisent ceci :
[traduction]
En septembre [2016], des sympathisants tadjiks se sont réunis pour remettre en terre les restes d’un ancien roi au sommet d’une colline importante pour les Ouzbeks de Kaboul, ce qui a laissé les deux groupes face à une impasse. Une entente a été conclue, puis la remise en terre a pu avoir lieu, mais le gouvernement a essuyé les critiques de certains, qui lui reprochaient de ne pas avoir géré l’affaire adéquatement (É.-U. 3 mars 2017, 24).
Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens.
Un article publié en février 2017 par Pajhwok fait état d’un différend territorial opposant des tribus pachtounes et ouzbèkes, dans le cadre duquel un Pachtoune a été tué (Pajhwok 15 févr. 2017). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens.
Selon MRG, un [traduction] « certain nombre » de mariages interethniques entre des Hazaras et des Ouzbeks ont eu lieu en Afghanistan (MRG s.d). Peter Finke ajoute que dans ce pays, [traduction] « [p]our ce qui est des mariages interethniques, les Ouzbeks et les Tadjiks se considèrent mutuellement comme des partis très acceptables, et les familles mixtes sont monnaie courante » (Finke 2017, 254).
4. Rapports avec les talibans
Le représentant de l’AAN soutient que les Ouzbeks, à Kaboul et ailleurs, [traduction] « peuvent être pris pour cible par les talibans, surtout s’ils (ou peut-être si des membres de leur famille) [se sont enrôlés] dans les forces militaires combattant les talibans, qu’il s’agisse de forces officielles ou paramilitaires (comme des milices ou des "forces insurrectionnelles") » (AAN 27 juin 2018).
L’EASO fait observer que le Joundallah, un groupe d’opposition armé qui s’est séparé de l'Islamic Movement of Uzbekistan (IMU), recrute [traduction] « principalement au sein de la communauté ouzbèke, dans le Nord de l’Afghanistan » (UE mai 2018, 11). Des sources signalent que les talibans recrutent des membres de groupes ethniques minoritaires en Afghanistan, y compris parmi les Ouzbeks de la province de Faryab, dans le Nord-Ouest, et de Djozdjan, dans le Nord (MRG 19 juin 2015; FP 15 juin 2016).
Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d’autres renseignements sur les rapports entre la minorité ouzbèke et les talibans.
5. Capacité de vivre à Kaboul
Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches a trouvé peu d’information sur la capacité des Ouzbeks de vivre à Kaboul.
Sans fournir de plus amples détails, des sources soulignent la présence d’Ouzbeks à Kaboul (É.-U. 7 mars 2017, 24; Pajhwok [2014]). Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, la maîtresse de conférences a expliqué [traduction] « [qu’]il est possible de trouver des communautés ouzbèkes dans une poignée de secteurs avoisinant Kaboul » (maîtresse de conférences 21 juin 2018).
Dans un rapport publié en 2017 par l’Institut des États-Unis pour la paix (United States Institute of Peace - USIP) [2], Kaboul est décrite comme étant constituée de [traduction] « trois anneaux concentriques [qui] en définissent la stratification ethnique », et il est écrit que « [l]es collectivités établies les plus récemment dans l’anneau externe sont souvent plus homogènes sur le plan ethnique que le centre ou même que certains quartiers historiquement reconnus comme le foyer d’un groupe en particulier » (USIP 2017, 6). De même, un rapport publié en 2012 par l’Afghanistan Public Policy Research Organization (APPRO), une ONG dont le siège se trouve à Kaboul (APPRO oct. 2012, ii), fournit les renseignements suivants :
[traduction]
On trouve […] à Kaboul des tendances distinctes en matière d’établissement urbain. D’abord, les gens étaient portés à s’installer dans des secteurs où ils avaient déjà des proches, ou encore dans des districts précis en tant que membres d’un groupe plus vaste uni par la même origine ethnique. De ce fait, différents quartiers de Kaboul sont devenus associés, au fil du temps, à différents groupes ethniques (APPRO oct. 2012, 8).
Au dire du représentant de l’AAN, [traduction] « aucun acte de discrimination à l’endroit d’Ouzbeks visés en tant que groupe n’a été signalé [à Kaboul] » (AAN 27 juin 2018). La même source a ajouté que les Ouzbeks sont aux prises avec les mêmes problèmes que d’autres citoyens afghans en ce qui a trait à la situation socioéconomique et à la sécurité (pauvreté, attaques terroristes, guerre, etc.) (AAN 27 juin 2018).
6. Situation des Afghans qui retournent au pays
D’après un rapport d’Oxfam paru en 2018 sur la situation des personnes qui retournent en Afghanistan,
[traduction]
[a]u cours des dernières années, l’Afghanistan a vu un nombre sans précédent de ses citoyens revenir au pays, principalement depuis l’Iran et le Pakistan et, dans une moindre mesure, depuis l’Europe. Depuis le début de 2015, plus de deux millions d’Afghans sont revenus; pour beaucoup, ce retour était involontaire et attribuable à un changement dans les politiques intérieures des pays où ils avaient fui ou immigré (Oxfam janv. 2018, 2).
Selon la même source, les personnes retournant en Afghanistan depuis l’Iran et le Pakistan représentaient respectivement 58,6 et 40,8 p. 100 de tous les retours, et celles revenant d’un pays d’Europe, 0,6 p. 100 (Oxfam janv. 2018, 9).
D’après la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (United Nations Assistance Mission in Afghanistan - UNAMA), c’est dans la province de Kaboul que le nombre de victimes civiles est le plus élevé en Afghanistan, [traduction] « principalement en raison d’attaques non-ciblées menées dans la ville de Kaboul »; en 2017, il y a eu 1 831 victimes civiles (479 morts et 1 352 blessés) dans la province de Kaboul, dont 1 612 victimes civiles (440 morts et 1 172 blessés) dans la ville de Kaboul (Nations Unies févr. 2018, 3-4). MRG précise que les attaques perpétrées par les talibans et la branche afghane du groupe armé État islamique (EI) [État islamique d’Irak et de Syrie (EIIS), État islamique en Irak et au Levant (EIIL), Daech] ont [traduction] « particulièrement touché la capitale, Kaboul, et d’autres secteurs urbains » (MRG 13 juin 2018, 7). Dans le rapport qu’elle a préparé en 2017, la maîtresse de conférences explique que les attaques survenues à Kaboul en 2016-2017
[traduction]
ont eu lieu dans l’Est et l’Ouest [de la ville]. Alors qu’il y a trois ans, seuls les secteurs diplomatiques et gouvernementaux comme Wazir Akbar Khan, Shahre Nau ou Shirpoor étaient visés, aujourd’hui, n’importe quel endroit de la ville peut être le théâtre d’une attaque, ce qui complique la tâche des gens lorsque vient le temps de gérer ou d’éviter les risques. Jusqu’à relativement récemment, j’aurais fait valoir que quiconque retournant à Kaboul sans bien connaître la ville et sans disposer de réseau de soutien pouvant lui conseiller des endroits où s’installer et le moment propice pour le faire était exposé à un risque autrement plus grand qu’une personne ayant accès à un tel réseau. C’est toujours le cas aujourd’hui, mais l’écart s’est réduit et le risque que courent même les gens qui connaissent bien la ville s’est grandement accru au cours de la dernière année (maîtresse de conférences 20 juill. 2017).
Amnesty International rapporte qu’Alema Alema, sous-ministre des Réfugiés et du Rapatriement de l’Afghanistan, a expliqué, au cours d’une entrevue accordée à des chercheurs d’Amnesty International en mai 2017, que [traduction] « "l’Afghanistan n’est aucunement un endroit sûr" » pour les personnes qui reviennent de pays européens (Amnesty International oct. 2017, 38).
Oxfam soutient que, d’après des recherches faites sur le terrain dans les provinces de Hérat, Kaboul, Kondoz et Nangarhar, [traduction] « les retours forcés demeurent dangereux, car il est impossible de garantir la sécurité et la dignité des personnes » (Oxfam janv. 2018, 2). Il est écrit dans un rapport sur les personnes qui retournent en Afghanistan, préparé conjointement par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), que sur 610 000 Afghans qui sont revenus au pays depuis l’Iran et le Pakistan en 2017, [traduction] « 68 p. 100 sont retournés dans les provinces de Kaboul, Nangarhar, Kondoz, Logar et Sar-e-Pul. Les principales provinces où les gens retournent depuis 2002 demeurent les mêmes : Kaboul, Nangarhar et Kondoz » (OIM et Nations Unies févr. 2018, 4-5).
Selon le HCR, sur les 2 765 Afghans revenus au pays qu’il a interviewés en 2017, 60 p. 100 avaient repris leur vie dans leur province d’origine (Nations Unies oct. 2017, 2-3). Human Rights Watch signale que la [traduction] « [p]resque » totalité des 92 Afghans retournés au pays depuis le Pakistan qui ont été interviewés en octobre et novembre 2016 « n’étaient pas en mesure de retrouver leur foyer, soit parce qu’ils avaient perdu leurs terres ou leur propriété, soit parce qu’ils n’y étaient plus en sécurité » (Human Rights Watch févr. 2017, 59). De même, on peut lire dans un rapport de 2016 préparé par le Réseau de soutien aux réfugiés (Refugee Support Network - RSN) [3] que [traduction] « [l’]insécurité » peut parfois empêcher les personnes qui retournent au pays de déménager pour aller vivre avec des amis ou des membres de la famille (RSN avr. 2016, 19).
Des sources affirment que le soutien familial ou les réseaux sociaux constituent un élément important pour que les personnes qui reviennent au pays s’intègrent bien (Oxfam janv. 2018, 3; maîtresse de conférences 20 juill. 2017; MPI 25 févr. 2016). Oxfam signale que les personnes retournant au pays [traduction] « qui sont incapables de retourner dans les régions où elles possèdent des terres - ou où elles peuvent bénéficier du soutien de leur famille ou de la collectivité - deviennent souvent des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays » (Oxfam janv. 2018, 2). Le rapport préparé par la maîtresse de conférences précise également que [traduction] « la réinstallation dans un secteur où on n’a aucun réseau de soutien est très difficile » (maîtresse de conférences 20 juill. 2017). La même source a expliqué que le [traduction] « faible nombre de personnes ayant réussi à se réintégrer après leur retour » qu’elle a interviewées à Kaboul disposaient de « réseaux familiaux tissés très serrés à Kaboul même; étaient disponibles dans un cas les ressources nécessaires pour payer des études universitaires et[,] dans les deux autres cas[,] les fonds requis pour le lancement des jeunes hommes en affaires » (maîtresse de conférences 20 juill. 2017).
6.1 Traitement réservé par les autorités
Le Cabinet du président de l’Afghanistan (Office of the President of Afghanistan) souligne que la Haute Commission pour les migrations (High Commission for Migration), dont la mission comprend la formulation de politiques visant à aider les réfugiés qui retournent en Afghanistan [traduction] « de leur plein gré » ainsi que la garantie de « droits et [la prestation de] services sociaux » aux Afghans revenus au pays, a été créée en 2015 (Afghanistan s.d.b). Selon le MoRR, en 2016, le Comité de direction responsable des personnes déplacées et qui retournent au pays (Displacement and Returnees Executive Committee - DiREC) a été mis sur pied en vue de définir une stratégie de coordination des programmes destinés aux personnes retournant au pays et de définir les rôles et responsabilités des institutions pertinentes (Afghanistan 27 déc. 2016, 6). Selon un rapport préparé par Asylos [4] en 2017, Anicée Van Engeland, chargée de cours senior en sécurité internationale au Centre for International Security & Resilience de l’Université de Cranfield (Asylos août 2017, 3), a expliqué, dans une communication écrite envoyée en 2017 à Asylos, que le DiREC a recours à une approche fondée sur les collectivités pour soutenir financièrement les personnes qui retournent au pays dans leurs efforts de réintégration, ce qui signifie [traduction] « [qu’]à l’avenir, l’aide financière pourrait plutôt être octroyée à la collectivité pour en encourager les membres à accueillir ceux qui reviennent »; des experts ont critiqué cette approche, insistant sur le fait qu’elle ne tient pas compte de la « corruption locale » (Asylos août 2017, 30-31). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d’autres renseignements sur la mise en oeuvre des programmes d’aide aux Afghans qui retournent au pays.
Des sources affirment que le gouvernement de l’Afghanistan apporte de l'aide aux Afghans qui reviennent au pays en leur fournissant de l’assistance dans le domaine de l’emploi, de l'aide juridique et un refuge (AAN 19 mai 2017, 7; Asylos août 2017, 31), quoi [traduction] « [qu’]il incombe à chacun, à son retour, de s’adresser de sa propre initiative à chaque minist[ère] pour obtenir son aide » (Asylos août 2017, 31). D’après Oxfam, en Afghanistan, [traduction] « [l]a capacité de l’État est très limitée pour ce qui est d’accueillir et de réintégrer adéquatement les personnes qui retournent au pays » (Oxfam janv. 2018, 2). De même, l’AAN fournit les renseignements suivants concernant le soutien que fournit l’État afghan à ses citoyens qui reviennent au pays et à ceux ayant été expulsés :
[traduction]
Même si le gouvernement de l’Afghanistan et des organisations locales et internationales ont réussi à mettre en oeuvre une sorte de première réponse destinée aux personnes qui retournent au pays volontairement ou de force, il semble que les services qui leur sont offerts soient incomplets et, dans de nombreux cas, insuffisants pour qu’elles aient la possibilité réaliste de se rebâtir une vie en Afghanistan. De même, aucune approche convaincante n’a encore été adoptée pour ce qui est en particulier des « personnes qui reviennent » après des années passées en Iran et qui sont complètement déconnectées de la vie en Afghanistan.
Malgré certaines améliorations, comme l’instauration d’un système informatisé d’enregistrement à la plupart des passages frontaliers et à l’aéroport, le gouvernement est toujours extrêmement mal préparé, sur le plan institutionnel, pour gérer l’arrivée massive de citoyens qui retournent au pays. L’État en est toujours à l’étape d’élaboration de politiques et de mécanismes de collecte de fonds. […]
Les soins et les logements accessibles, dont la disponibilité est très limitée, sont loin de suffire dans le cas de certaines personnes qui reviennent et qui doivent se réhabituer à vivre dans une société encore déchirée par la guerre et pétrie de contraintes. Les retours en masse depuis l’Iran et le Pakistan accroissent de manière importante ces contraintes. Il y a donc fort à parier que les personnes qui reviennent d’Europe - et qui sont, par comparaison, beaucoup moins nombreuses - seront mises de côté parce que, étant donné leur nombre moins élevé, elles seront considérées comme un problème humanitaire moins urgent (AAN 19 mai 2017, 11).
Les renseignements contenus dans le paragraphe suivant sont tirés d’un rapport produit par l’AAN en 2017 :
En février 2017, 18 hommes afghans dont les demandes d’asile avaient été rejetées par l’Allemagne sont retournés en Afghanistan, où la police aéroportuaire les attendait à leur arrivée. Ils ont par la suite été enregistrés au bureau du MoRR à l’aéroport. Des responsables du ministère des Affaires étrangères et du Service d’enquête criminelle (Criminal Investigation Department) du ministère de l’Intérieur, de même que des représentants d’autres organismes, dont l’OIM, étaient également présents. L’OIM avait fait venir un médecin afin d'apporter une aide médicale immédiate. Ces hommes qui revenaient au pays et qui souhaitaient se rendre dans leur province natale ou chez des proches ne vivant pas à Kaboul ont reçu de l’OIM des fonds pour leurs déplacements. Certains ont accepté de séjourner dans des logements temporaires dont les frais étaient acquittés par l’OIM et la gestion assurée par cette même organisation (AAN 19 mai 2017, 4-5).
Dans le rapport de 2017 préparé par Asylos, on peut lire qu’au cours d’une entrevue accordée à Asylos en mai 2017, Abdul Ghafoor, défenseur des droits des réfugiés et directeur de l’Organisation de consultation et de soutien pour les migrants en Afghanistan (Afghanistan Migrants Advice and Support Organization - AMASO), dont le siège se trouve à Kaboul (Asylos août 2017, 3), a expliqué que la police n’est [traduction] « "pas très amicale" » avec les personnes qui retournent au pays, tout particulièrement avec celles qui n’y ont jamais vécu (Asylos août 2017, 19). Selon ce qu’Abdul Ghafoor a dit à Asylos, il y a [traduction] « "de nombreux cas" » de garçons nouvellement arrivés en Afghanistan et qui n’y ont jamais vécu, et qui se font arrêter et demander leur tazkira (carte d’identité nationale) par des policiers parce qu’ils ont une apparence différente; s’ils n’ont pas leur tazkira, ils peuvent être amenés au poste de police « "pour un interrogatoire d’un jour ou deux" », puis devoir « "verser un pot-de-vin pour leur remise en liberté" » (Asylos août 2017, 20). D’après le même rapport, Anicée Van Engeland a expliqué que les autorités ont [traduction] « "très peu de compassion pour les personnes de retour au pays" », ce qui « "se traduit souvent par de l’impolitesse et des insultes […] ainsi qu’une réticence à traiter les demandes provenant de ces personnes" » (Asylos août 2017, 20-21). Anicée Van Engeland a ajouté que [traduction] « "la Police nationale afghane (Afghan National Police) ou les autorités locales sont bonnes quand il s'agit d'éviter d’assurer la protection des citoyens de retour au pays" » (Asylos août 2017, 21).
6.2 Traitement réservé par la société
On peut lire dans le rapport de 2017 de la maîtresse de conférences [traduction] « [qu’]il y a quelques cas de personnes revenues au pays depuis l’Europe qui ont été victimes de la violence et de la criminalité » (maîtresse de conférences 20 juill. 2017). La même source explique que les Afghans qui retournent au pays après avoir vécu en Europe ou en Australie sont pris pour cible par des criminels qui présument qu’ils ont de l’argent ou des ressources (maîtresse de conférences 20 juill. 2017, 26). De même, selon le rapport de 2016 préparé par le RSN, un jeune homme maintenant revenu en Afghanistan a souligné que les talibans sont actifs dans certaines régions et que, à titre de personne retournée au pays, il [traduction] « "peut être une cible facile pour eux" »; un autre « "problème tient à la crainte des enlèvements et des demandes de rançon, s'il est connu que vous venez d’un pays comme le Royaume-Uni" » (RSN 1er avr. 2016, 28). Le même rapport signale que [traduction] « des jeunes ont subi des menaces ou ont été ciblés en raison de circonstances liés à leur demande d’asile initiale, et, pour un groupe considérable, le simple fait d'être identifié comme une personne qui retourne au pays a entraîné un important risque de violence » (RSN 1er avr. 2016, 31). À titre d’exemple, la même source signale que des habitants d’une région ont averti un jeune de retour de l’étranger que des [traduction] « "ennemis" » de son père, qui était membre du Hezb-e-Islami [un parti politique doté d’une faction autrefois insurrectionnelle (AAN 25 nov. 2017)], [traduction] « "pourraient facilement [le] trouver et [lui] faire la peau" » (RSN 1er avr. 2016, 28).
Dans son rapport de 2017, la maîtresse de conférences précise que les personnes qui retournent en Afghanistan peuvent courir le risque d’être rejetées par leur famille, si elles sont perçues [traduction] « comme ayant "perdu [leur] culture" ou comme ayant "été contaminées" » (maîtresse de conférences 20 juill. 2017). De même, le Bureau du journalisme d’enquête (The Bureau of Investigative Journalism) [5] déclare que [traduction] « les avocats et les ONG font valoir de longue date qu’il est dangereux de renvoyer des personnes en Afghanistan, tout particulièrement des jeunes qui ont grandi au Royaume-Uni et qui se sont occidentalisés » (The Bureau of Investigative Journalism 17 juill. 2015). La même source a expliqué ce qui suit :
[traduction]
Les jeunes hommes qui ont passé leur adolescence dans une banlieue de la Grande-Bretagne acquièrent rarement l’expérience de vie nécessaire pour assurer leur sécurité. Au contraire, des experts avancent que, après des années passées au Royaume-Uni, les liens que ces jeunes personnes ont établis avec ce pays et les comportements occidentalisés qu’elles ont adoptés pourraient faire d’elles des cibles faciles. L’armée britannique s’est retirée de l’Afghanistan à la fin de l’année dernière, laissant derrière elle les troupes de l’OTAN et des États-Unis. Malgré tout, la persécution d’interprètes anciennement associés aux soldats britanniques se poursuit : des centaines d’entre eux ont demandé à être réaffectés au Royaume-Uni après avoir essuyé des menaces des talibans. Des hommes jeunes et occidentalisés pourraient être pris par erreur pour des interprètes ou d’autres « collaborateurs », et se trouvent de ce fait particulièrement à risque.
[…]
Malgré l'ampleur du programme concernant les personnes qui retournent en Afghanistan, on en sait très peu sur le sort de ces personnes une fois qu’elles sont rentrées au pays. [RSN] mène actuellement des recherches à long terme dans le but de suivre ces jeunes hommes et de garder une trace de leur expérience. Jusqu’ici, l’organisme a découvert qu’un quart de ceux dont il suit le parcours ont subi un préjudice ou des difficultés en raison de la perception voulant qu’ils soient des « étrangers occidentalisés » (The Bureau of Investigative Journalism 17 juill. 2015).
D’après les conclusions tirées par Oxfam de ses recherches sur le terrain, menées dans les provinces de Hérat, Kaboul, Kondoz et Nangarhar, [traduction] « les citoyens afghans revenus au pays sont généralement considérées comme faisant partie de la société et ne souffrent pas de discrimination structurelle de la part des collectivités qui les accueillent. Cette situation peut toutefois changer, surtout si les personnes qui retournent au pays s’établissent en groupes isolés plutôt que de s’intégrer » (Oxfam janv. 2018, 4). Oxfam donne [traduction] « la peur, les frictions, les tensions et les affrontements locaux » comme répercussions de ces retours, « surtout en lien avec la compétition pour l’accès aux ressources peu abondantes comme les terres et les possibilités d’emploi » (Oxfam janv. 2018, 4). De même, la maîtresse de conférences, dans son rapport de 2017, souligne que [traduction] « [l]a compétition que suscite le nombre limité d’emplois offerts à Kaboul est extrêmement féroce » (maîtresse de conférences 20 juill. 2017). D’après le rapport de 2016 préparé par RSN, les jeunes revenus au pays sont victimes de [traduction] « discrimination » lorsqu’ils essaient de trouver et de conserver un emploi (RSN avr. 2016, 42). L’Institut de politiques en matière de migration (Migration Policy Institute - MPI), un [traduction] « groupe de réflexion indépendant, non partisan et sans but lucratif à Washington » (MPI s.d.), signale que [traduction] « les Afghans de retour au pays font face à des obstacles quand il s'agit de trouver un gagne-pain » parce que les relations personnelles et le lieu d’origine des candidats sont pris en compte au moment de recruter des employés (MPI 25 févr. 2016). De même, il est écrit dans un article publié en 2016 dans une revue bimensuelle de l’OIM que les pratiques en matière d’embauche en Afghanistan sont fondées sur les réseaux et les relations, ce qui constitue un [traduction] « problème majeur », tout particulièrement pour les citoyens qui retournent au pays (Majidi et Hart juin-sept. 2016, 37).
6.3 Traitement réservé aux citoyens afghans d’origine ouzbèke qui retournent au pays
Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches a trouvé peu d’information sur le traitement réservé aux citoyens afghans d’origine ouzbèke qui retournent au pays après être nés ou avoir vécu à l’étranger.
D’après la maîtresse de conférences, les citoyens afghans d’origine ouzbèke qui retournent au pays [traduction] « courent les mêmes risques que n’importe quel autre Afghan ayant vécu à l’étranger et ayant été contraint de revenir » (maîtresse de conférences 21 juin 2018). Le professeur a expliqué ce qui suit concernant le traitement réservé aux citoyens afghans d’origine ouzbèke qui retournent au pays après être nés ou avoir vécu à l’étranger :
[traduction]
Les gens ont tendance à se méfier des personnes ayant vécu à l’étranger qui reviennent au pays, peu importe la raison de leur retour. Les autorités locales pourraient les percevoir comme des espions à la solde des États-Unis, tout comme les milices talibanes locales, qui ont acquis un pouvoir considérable dans le Nord, où vivent les Ouzbeks. Si les talibans venaient à apprendre le retour au pays d’un Ouzbek ayant vécu dans le dar al-harb (terre de la guerre avec les infidèles), ils le tueraient fort probablement (professeur 20 juin 2018).
Il est également expliqué dans le rapport du RSN que, selon de jeunes Afghans revenus au pays, les personnes qui ont vécu en Europe sont considérées par les talibans et les habitants de la région comme étant des [traduction] « "espions à la solde de ces pays" » (RSN avr. 2016, 28).
Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a trouvé aucun renseignement sur le traitement réservé aux citoyens afghans d’origine ouzbèke qui retournent au pays après être nés ou avoir vécu en Arabie saoudite.
7. Protection offerte par l’État
Dans son rapport de 2017, la maîtresse de conférences écrit que les victimes de crimes sont [traduction] « vraisemblablement incapables ou non désireuses de porter plainte » parce que la force policière « ne peut ni ne veut poursuivre les responsables en justice » (maîtresse de conférences 20 juill. 2017). Se fondant sur un article rédigé par Friederike Stahlmann [6] en 2017, la même source ajoute que, même dans les régions où la police est active en Afghanistan, [traduction] « l’accès à une protection dépend de l’appartenance au groupe ethnique majoritaire d’une région donnée, ce qui signifie que les minorités qui s’y trouvent peuvent s’attendre à une protection moins efficace encore et pourraient devoir composer avec du harcèlement ou de la persécution de la part des policiers » (maîtresse de conférences 20 juill. 2018). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens.
Le représentant de l’AAN a expliqué que tous les citoyens afghans jouissent de la protection de l’État, même si, [traduction] « en pratique, l’État est incapable de protéger ses citoyens de la guerre » - une affirmation qui s’applique à tous les groupes ethniques (AAN 27 juin 2018). Au dire du professeur, aucune protection de l’État [traduction] « à proprement parler » n’est offerte aux Ouzbeks en Afghanistan (professeur 20 juin 2018). La même source a ajouté que [traduction] « la situation en matière de sécurité est déplorable dans le Nord à l’heure actuelle, et l’État, qui a perdu le contrôle de vastes territoires ouzbeks au profit des talibans, offre peu de recours » (professeur 20 juin 2018). De même, il est écrit dans un article paru en juin 2016 dans le Foreign Policy (FP) que [traduction] « l’expansion grandissante [des talibans] dans le Nord occasionne des difficultés pour Kaboul. Les forces afghanes - surmenées, décimées en nombre record et aux prises avec des désertions massives - risquent la défaite sur ces nouveaux fronts apparaissant dans le Nord » (FP 15 juin 2016). Dans les Country Reports 2017 publiés par les États-Unis, on explique que, en 2017, [traduction] « [c]ertaines régions n’étaient pas sous le contrôle du gouvernement, et des forces antigouvernementales comme les talibans géraient leurs propres systèmes de justice et de sécurité » (É.-U. 20 avr. 2018, 6). L’article ublié par Pajhwok en février 2016 fait état de l’enlèvement, par les talibans, de [traduction] « dizaines d’habitants » dans le district de Darzab, dans la province de Djozdjan au Nord, dont le but aurait été de les faire comparaître devant un tribunal taliban en raison d’un différend territorial opposant des tribus pachtounes et ouzbèkes (Pajhwok 15 févr. 2017). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens.
Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.
Notes
[1] Le British & Irish Agencies Afghanistan Group (BAAG) est un [traduction] « réseau de défense des droits » qui se consacre au développement de l’Afghanistan, et le Royal United Services Institute (RUSI) est un groupe de réflexion qui se penche sur des questions de défense et de sécurité (BAAG et RUSI 16 déc. 2015, 2). Le rapport a été rédigé par Lindsay Alexander, [traduction] « une consultante spécialisée dans les domaines de la paix, de la sécurité et du développement » qui « a agi à titre d’experte-conseil pour l’UE et des gouvernements européens » (BAAG et RUSI 16 déc. 2015, 2).
[2] L’United States Institute of Peace (USIP) est [traduction] « un institut national indépendant fondé par le Congrès » qui oeuvre à l’étranger en vue de prévenir les conflits et de mettre un terme à ceux-ci (USIP s.d.).
[3] Le Refugee Support Network (RSN) est un organisme caritatif de Londres (RSN avr. 2016, 2). Le rapport de 2016 est fondé sur [traduction] « des données primaires recueillies auprès d’Afghans ayant été forcés de retourner dans leur pays » entre mars 2014 et décembre 2015 (RSN avr. 2016, 14).
[4] Asylos est un réseau mondial de bénévoles qui fournit sans frais des services de recherche de renseignements sur les pays d’origine [traduction] « aux avocats aidant des demandeurs d’asile relativement à leur demande d’asile » (Asylos août 2017, 4).
[5] The Bureau of Investigative Journalism est une organisation indépendante à but non lucratif (The Bureau of Investigative Journalism s.d.b) dont le siège se trouve à Londres (The Bureau of Investigative Journalism s.d.a).
[6] Friederike Stahlmann est doctorant à l’Institut Max Plank d’anthropologie sociale (Max Planck Institute for Social Anthropology) situé à Halle, en Allemagne, dont les [traduction] « domaines d’expertise » concernant l’Afghanistan comprennent les « [l]acunes de l’appareil judiciaire » et les « groupes vulnérables » (EIN s.d.).
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Union européenne (UE). Décembre 2017. European Asylum Support Office (EASO). Afghanistan: Individuals Targeted Under Societal and Legal Norms. EASO Country of Origin Information Report. [Date de consultation : 6 juill. 2018]
United States Institute of Peace (USIP). 2017. Kabul and the Challenge of Dwindling Foreign Aid. [Date de consultation : 25 juin 2018]
United States Institute of Peace (USIP). S.d. « About USIP ». [Date de consultation : 5 juill. 2018]
University of Zurich (UZH). S.d. « Peter Finke ». [Date de consultation : 13 juill. 2018]
Autres sources consultées
Sources orales : Norwegian Afghanistan Committee.
Sites Internet, y compris : Afghanistan – Ministry of Rural Rehabilitation and Development; Arab News; Community Response Map; Middle East Eye; Nations Unies – Haut-Commissariat aux droits de l’homme, HumanitarianResponse.info, Refworld; Norwegian Afghanistan Committee.