Réponses aux demandes d'information

​​​Les réponses aux demandes d’information (RDI) sont des rapports de recherches sur les conditions dans les pays. Ils font suite à des demandes des décideurs de la CISR.

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Les réponses aux demandes d'information (RDI) citent des renseignements qui sont accessibles au public au moment de leur publication et dans les délais fixés pour leur préparation. Une liste de références et d'autres sources consultées figure dans chaque RDI. Les sources citées sont considérées comme les renseignements les plus récents accessibles à la date de publication de la RDI.    

Les RDI n'apportent pas, ni ne prétendent apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile donnée. Elles visent plutôt à appuyer le processus d'octroi de l'asile. Pour obtenir plus de renseignements sur la méthodologie utilisée par la Direction des recherches, cliquez ici.   

C'est aux commissaires indépendants de la CISR (les décideurs) qu'il incombe d'évaluer les renseignements contenus dans les RDI et de décider du poids qui doit leur être accordé après avoir examiné les éléments de preuve et les arguments présentés par les parties.    

Les renseignements présentés dans les RDI reflètent uniquement les points de vue et les perspectives des sources citées et ne reflètent pas nécessairement la position de la CISR ou du gouvernement du Canada.    

31 août 2017

VEN105967.EF

Venezuela : information sur les exigences et la marche à suivre pour sortir du Vénézuéla par voie terrestre, aérienne ou maritime; information indiquant si une personne prise pour cible ou recherchée par le gouvernement ou un colectivo peut quitter le pays; information sur la conséquence de l’inflation sur la capacité à quitter le pays (2015-août 2017)

Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa

1. Exigences et marche à suivre pour sortir du pays

Selon des sources, il est essentiel de posséder un passeport pour pouvoir sortir du Vénézuéla (journaliste 24 juill. 2017; OIM Caracas 28 juill. 2017). Sur le site Internet de l’ambassade du Vénézuéla à Santiago, au Chili, on peut lire que les citoyens du Vénézuéla peuvent entrer au Vénézuéla et en sortir en présentant une carte d’identité vénézuélienne (Cédula de Identidad) valide plutôt qu’un passeport s’ils se rendent en Argentine, en Bolivie, au Brésil, au Chili, en Équateur, au Paraguay, au Pérou ou en Uruguay (Vénézuéla 10 janv. 2017). L’article 7 de la loi sur la nationalité et la citoyenneté (Ley de Nacionalidad y Ciudadanía) prévoit que

[traduction]

les Vénézuéliens qui ont aussi la nationalité d’un autre pays doivent se servir de leur nationalité vénézuélienne lorsqu’ils entrent ou séjournent dans la République ou en sortent, et ils doivent être identifiés comme tels dans tous les documents civils et politiques (ibid. 2014).

Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, le bureau de Caracas de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a déclaré que les mineurs de moins de 18 ans ont besoin d’un permis de sortie valide s’ils voyagent sans l’un ou l’autre de leurs parents (OIM 28 juill. 2017). Selon la même source, les ressortissants vénézuéliens qui voyagent à des fins touristiques doivent posséder un billet de retour et les visas applicables, conformément aux politiques migratoires du pays de destination (ibid.). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a trouvé aucun renseignement allant dans le même sens.

Le représentant de l’OIM a affirmé que, selon des [traduction] « sources externes », le processus de délivrance des passeports au Vénézuéla prend [traduction] « beaucoup plus de temps que la normale » depuis 2015 (ibid.). El Nuevo Herald, un journal de Miami, signale que le Vénézuéla éprouve des problèmes relativement à la délivrance des passeports à l’intérieur du pays, et qu’on peut attendre [traduction] « plusieurs » mois avant d’en obtenir un (El Nuevo Herald 9 févr. 2017). Selon des sources, les personnes qui doivent faire des [traduction] « voyages urgents » peuvent présenter une demande de passeport provisoire (Vénézuéla s.d.; OIM 28 juill. 2017).

2. Inflation

Des médias affirment que le taux d’inflation au Vénézuéla a atteint 800 p. 100 en 2016 (Toronto Star 10 avr. 2017; Reuters 20 janv. 2017). Selon Reuters, la Banque centrale du Vénézuéla (Banco Central de Vénézuéla - BCV) a signalé au Fonds monétaire international que le taux d’inflation au Vénézuéla en 2016 était de 274,4 p. 100 (Reuters 20 avr. 2017). Des sources affirment que, d’après l’information fournie par l’Assemblée nationale (Asamblea Nacional), le taux d’inflation a atteint 176 p. 100 dans la première moitié de 2017 (Reuters7 juill. 2017; Globovisión 7 juill. 2017). Le représentant de l’OIM à Caracas a fait la déclaration suivante :

[traduction]

Depuis la mise en place de la politique [sur les devises étrangères], en 2003, […] l’accès à des devises étrangères est limité ou assujetti à plus de […] restrictions. Récemment, le pays a autorisé des enchères afin d’offrir à des personnes physiques, à intervalle de trois mois, l’accès à certaines sommes en dollars américains, mais il semble que ce soit un processus exigeant. Il est important de souligner que le taux de change officiel du dollar américain est actuellement de 2,700 bolívares fuertes [VEF] et que l’équivalent sur le marché parallèle a déjà dépassé la marque des 8,000 (OIM 28 juill. 2017).

La BBC affirme que le Vénézuéla a adopté en mars 2016 un système de taux de change qui comprend un taux [traduction] « protégé » ou « préférentiel » (Dipro) de 10 VEF par dollar américain, qui est utilisé pour la prestation de biens et de services et pour les remises en espèces qui sont considérées comme « prioritaires », ainsi qu’un taux variable (Dicom) qui commence à 206 VEF par dollar américain, qui sert à calculer le taux de change pour les exportations pétrolières et le prix des billets d’avion pour les voyages à l’étranger (BBC 10 mars 2016). Les personnes qui voyagent à l’étranger payent un taux qui est 1 500 p. 100 plus élevé qu’auparavant, étant donné que, dans l’ancien système, le taux qu’ils payaient pour obtenir des devises étrangères pour voyager était de 13 VEF par dollar américain (ibid.).

Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, un journaliste pigiste de Bogotá qui se consacre aux dossiers touchant l’Amérique latine et a fait des reportages pour Deutsche Welle et NPO Radio, une station de radio publique néerlandaise, a déclaré que les Vénézuéliens se heurtent aux problèmes suivants en raison de l’inflation :

  • i]l est très difficile d’obtenir des dollars américains;
  • i]l est difficile d’obtenir [des bolívares fuertes] aux guichets automatiques; par exemple, les guichets sont souvent vides et il est impossible d’effectuer des retraits, et le montant maximal qu’il est permis de retirer est souvent très limité;
  • [l]es Vénézuéliens utilisent beaucoup leurs cartes de crédit;
  • [l’]utilisation des bitcoins est populaire au Vénézuéla, en raison de leur stabilité (journaliste 24 juill. 2017).

Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens ni aucun renseignement additionnel.

3. Sortir du Vénézuéla
3.1 Sortir du Vénézuéla par voie aérienne

Selon le site Internet d’Affaires mondiales Canada,

[l]es voyageurs qui quittent le Venezuela à partir de l’un des aéroports internationaux du pays doivent acquitter une taxe de sortie et des frais d’utilisation des aéroports. Ces taxes sont incluses dans le coût du billet d’avion pour les vols en partance de l’aéroport international Simon Bolivar. Les montants dus et les modalités de paiement varient d’un aéroport à l’autre (Canada 17 juill. 2017).

Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, le président-directeur général de la Fondation pour l’engagement des Canado-Vénézuéliens (Canadian Venezuelan Engagement Foundation - CVEF) [1] a déclaré que les Vénézuéliens qui quittent le Vénézuéla par avion doivent payer une taxe de sortie, qui est normalement comprise dans le prix du billet (CVEF 19 juill. 2017).

Des sources affirment que, sur le plan financier, il est difficile pour la population de quitter le Vénézuéla par avion (ibid.; The New Yorker 10 avr. 2014). Le président-directeur général de la CVEF a affirmé que, de manière générale, le salaire varie entre 20 et 50 $ CAN par mois (CVEF 19 juill. 2017). Selon la Canadian Broadcasting Corporation (CBC), les Vénézuéliens gagnent en moyenne environ 15 $ US par mois (CBC 30 juill. 2017). Le représentant de l’OIM a affirmé que, [traduction] « [e]n raison de la politique actuelle sur les devises étrangères, les billets d’avion sont payables seulement en dollars américains ou en euros; les gens doivent donc avoir un compte bancaire valide pour effectuer des transactions dans ces deux devises » (OIM 28 juill. 2017). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens. Des sources précisent que les gens fortunés sortent du pays par avion (The Washington Post 1er janv. 2017; journaliste 24 juill. 2017).

Selon des sources, certaines compagnies aériennes ont suspendu la vente de billets d’avion en bolívares fuertes (AFP 14 mars 2014; The New Yorker 10 avr. 2014). Des sources affirment que des compagnies aériennes auraient éprouvé des problèmes relativement au rapatriement de leurs ventes en bolívares fuertes (ibid.; BBC 16 juill. 2015). Selon des sources, plusieurs compagnies aériennes ont suspendu leurs vols à destination et en partance du Vénézuéla, dont Avianca (CBC 30 juill. 2017; El País 27 juill. 2017; Miami Herald 26 juill. 2017), United Airlines, Air Canada, Lufthansa (ibid.; El País 27 juill. 2017), Aeroméxico, Gol, Tiara Air, Alitalia et Latam (ibid.).

3.2 Sortir du Vénézuéla par voie terrestre

Des sources affirment que, en raison du prix élevé des billets d’avion, les Vénézuéliens sortent du pays par voie terrestre (El Nacional 8 févr. 2017; OIM Caracas 28 juill. 2017). Le journal de Caracas El Nacional précise qu’il y a deux compagnies de transport par autobus à Caracas : Rutas de América, qui offre le transport depuis Caracas vers des destinations telles que Quito et Guayaquil au coût de 150 $ US, et Rutas Ormeño, qui offre des transferts à son terminal de Bogotá vers diverses destinations en Amérique du Sud, notamment l’Argentine, l’Équateur, le Chili et le Pérou (El Nacional 8 févr. 2017). Ces compagnies de transport par autobus acceptent que les clients paient les billets en bolívares fuertes (ibid.). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens.

3.2.1 Colombie

Selon l’Associated Press (AP), la Colombie a accueilli plus de Vénézuéliens que tout autre pays, et bon nombre de ces Vénézuéliens appartiennent à la classe pauvre ou à la classe moyenne (AP 22 juin 2017). D’autres sources précisent que plus de 120 000 Vénézuéliens ont franchi la frontière pour entrer en Colombie en juillet 2016 afin d’y trouver de la nourriture (The New York Times 25 nov. 2016; Miami Herald 12 août 2016) et des médicaments (ibid.). Selon l’AP, Le gouvernement du Vénézuéla a officiellement nié que ses citoyens fuyaient vers la Colombie et a déclaré que, au contraire, ce sont les Colombiens qui fuient vers le Vénézuéla (AP 22 juin 2017). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens.

Des sources affirment que la frontière avec la Colombie est poreuse (AP 22 juin 2017; The Guardian 17 juill. 2017) et [traduction] « très peu protégée » (ibid.). L’AP signale que [traduction] « [l]es plus désespérés traversent illégalement en empruntant l’une des quelques centaines de trochas, chemins de terre non pavés situés tout le long de la frontière poreuse de 1 370 milles (2 200 kilomètres) séparant le Vénézuéla et la Colombie » (AP 22 juin 2017). Le réseau de télévision vénézuélien TeleSUR fait observer que, selon les présidents de la Colombie et du Vénézuéla, il y a environ 247 trochas ou passages illégaux le long de la frontière entre les deux pays (TeleSUR 13 août 2016). On peut lire dans The Guardian que la plupart des gens empruntent ces passages pour se soustraire aux contrôles d’immigration (The Guardian 17 juill. 2017). Le Washington Post cite Christian Kruger, directeur général du ministère de l’Immigration de la Colombie (Migración Colombia) (Colombia 29 août 2017), qui a déclaré [traduction] « [qu’]il serait impossible, sur le plan logistique, de sceller la frontière de 1 400 milles entre les deux pays, où la forêt est dense, et qui est entrecoupée de passages illégaux » (The Washington Post 1er janv. 2017). Selon le Washington Post, [traduction] « [i]l n’y a pas de contrôles d’immigration officiels aux postes frontaliers très achalandés, de sorte que les Vénézuéliens peuvent entrer librement en Colombie à titre de touristes, et on ne sait pas combien d’entre eux ne reviennent pas » (ibid.).

Des sources affirment que le pont Simón Bolívar est le point d’entrée pour traverser la frontière entre San Antonio del Táchira et Cúcuta (El País 17 juill. 2016; Miami Herald 18 juill. 2016). Selon le journaliste, au passage transfrontalier du pont Simón Bolívar, les passeports vénézuéliens sont vérifiés par les autorités vénézuéliennes du côté du Vénézuéla, et par les autorités colombiennes du côté de la Colombie (journaliste 24 juill. 2017). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens ni aucun renseignement additionnel.

On peut lire dans El Nacional que le président du Vénézuéla, Nicolás Maduro, a annoncé que, à partir d’août 2015, les seules personnes qui auraient le droit de franchir la frontière pour entrer en Colombie seraient les personnes autorisées par les Forces armées nationales bolivariennes (Fuerza Armada Nacional Bolivariana - FANB) et le Service administratif de l’identification, de la migration et des affaires étrangères (Servicio Administrativo de Identificación, Migración y Extranjería - SAIME) (El Nacional 9 déc. 2016). Il est également écrit dans El Nacional que les noms des personnes qui souhaitent traverser les ponts Simón Bolívar et Francisco de Paula Santander doivent figurer sur une liste établie par les autorités (ibid.). Pour que leur nom soit inscrit sur la liste, les citoyens doivent préalablement présenter leurs titres de voyage aux FANB, à l’aéroport international de San Antonio del Táchira (ibid.). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens.

3.2.1.1 Fermetures de frontières

Selon des sources, le Vénézuéla a fermé ses points d’entrée à la frontière de la Colombie en août 2015 (Miami Herald 12 août 2016; El Nacional 9 déc. 2016) et les a rouverts en août 2016 (AFP 20 déc. 2016; El País 12 août 2016a). D’après El País, un journal de Madrid, cinq points d’entrée à la frontière entre la Colombie et le Vénézuéla ont été rouverts en août 2016 (ibid.). On peut lire dans le Washington Post que, à maintes reprises, Nicolás Maduro avait [traduction] « subitement » fermé les frontières séparant le Vénézuéla du Brésil et de la Colombie puis ordonné leur réouverture à court préavis (The Washington Post 1er janv. 2017).

3.2.1.2 Carte migratoire

Selon TeleSUR, le poste frontalier entre Cúcuta et San Antonio de Ureña a été rouvert le 13 août 2016, à l’occasion de l’entrée en vigueur de la carte migratoire pour les passages frontaliers (Tarjeta Migratoria de Tránsito Fronterizo) pour les citoyens des deux pays (TeleSUR 13 août 2016). TeleSUR cite Victor Bautista, directeur des services frontaliers du ministère des Affaires étrangères de la Colombie, qui a déclaré que ce système autorise seulement les déplacements entre Cúcuta et San Antonio de Ureña, et que les personnes qui souhaitent se rendre dans d’autres départements de la Colombie ou d’autres États du Vénézuéla doivent suivre une procédure différente, pour laquelle le passeport est obligatoire (TeleSUR 13 août 2016). El País cite Cristian Kruger, qui a affirmé que, à partir du 12 août 2016, les personnes qui traversent quotidiennement la frontière, que ce soit pour travailler ou étudier ou pour des raisons de santé ou des motifs familiaux, devraient posséder la carte migratoire pour les passages frontaliers et la faire estampiller chaque fois qu’ils franchissent la frontière (El País 12 août 2016b). Pour obtenir la carte migratoire pour les passages frontaliers, un demandeur doit remplir le formulaire de demande, où il est tenu d’inscrire, entre autres, son prénom, son nom de famille, le numéro de sa pièce d’identité, son lieu de résidence, le point d’entrée où il prévoit passer pour aller en Colombie, et le motif de son déplacement ou de son séjour (ibid.). La carte migratoire pour les passages frontaliers est valide seulement dans certaines régions de la Colombie, selon le pont emprunté pour traverser la frontière : elle est valide seulement à Maicao si la personne est entrée via Paraguachón, dans La Guajira; seulement à Arauca si la personne est entrée par le pont José Antonio Páez; seulement à Puerto Carreño si la personne est entrée par Vichada; et seulement à Cúcuta si la personne est entrée par le département de Norte de Santander (ibid.). Les Vénézuéliens qui veulent se rendre en Colombie pour un séjour de vacances ou pour rendre visite à leur famille ou à leurs amis dans d’autres régions du pays doivent posséder un passeport et un billet de transport et fournir une preuve de leur lieu de résidence et de leurs ressources financières en vue de leur séjour dans le pays (ibid.). Selon le site Internet du ministère de l’Immigration de la Colombie, la carte migratoire pour les passages frontaliers était valide seulement jusqu’au 30 avril 2017 et, à partir de cette date, les Vénézuéliens pouvaient entrer en Colombie uniquement au moyen d’un certificat de pré-enregistrement (Constancia de Pre-Registro), qui peut être obtenu en ligne, d’une carte de déplacements frontaliers (Tarjeta de Movilidad Fronteriza - TMF), ou d’un passeport estampillé (Colombie 29 août 2017). Selon le représentant de l’OIM, la TMF est un document valide pour franchir la frontière depuis le 1er mai 2017 (OIM 28 juill. 2017). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens ni aucun renseignement additionnel.

3.2.2 Brésil

Selon des sources, l’un des points d’entrée au Brésil est Roraima (The New York Times 25 nov. 2016; Deutsche Welle 13 déc. 2016). Human Rights Watch précise que, d’après les autorités fédérales brésiliennes, la plupart des passages enregistrés ont lieu au poste frontalier entre Santa Elena de Uairén, au Vénézuéla, et Pacaraima, au Brésil, mais d’autres personnes entrent au Brésil à l’insu des autorités brésiliennes (Human Rights Watch 18 avr. 2017). On peut lire dans le Washington Post que la localité de Pacaraima est entourée d’une réserve autochtone qui s’étend le long de la frontière, de sorte qu’il est [traduction] « facile » d’entrer au Brésil (The Washington Post 1er janv. 2017).

Selon des sources, les Vénézuéliens peuvent entrer au Brésil sans visa (ibid.; OIM 28 juill. 2017; Deutsche Welle 13 déc. 2016) et y séjourner 90 jours (ibid.; The Washington Post 1er janv. 2017). Des sources affirment qu’un nouveau programme de migration pour les Vénézuéliens, qui leur permet d’obtenir la résidence temporaire au Brésil (The Guardian 17 juill. 2017; OIM 28 juill. 2017), est entré en vigueur en février 2017 (ibid.). The Guardian cite Maria Canineu, directrice de Human Rights Watch pour le Brésil, selon laquelle, en mars 2017, [traduction] « le gouvernement du Brésil a mis en place un programme de résidence temporaire de deux ans, mais, en raison de la dévaluation de la devise vénézuélienne, beaucoup de gens n’ont pas les moyens de payer le coût du programme, qui est de 96 $ » (The Guardian 17 juill. 2017). Human Rights Watch affirme que les nouvelles règles pour l’obtention d’un permis de résidence de deux ans, offert pendant un an à partir du 2 mars 2017, pourraient permettre une prolongation; en outre, elles exigent que les Vénézuéliens se présentent

à un bureau de la police fédérale et fournissent un formulaire de renseignements personnels, deux photos, une pièce d’identité valide ou un passeport, un certificat de naissance ou un document consulaire attestant leur lieu de naissance, ainsi qu’un certificat confirmant qu’ils n’ont pas de casier judiciaire au Brésil, et qu’ils attestent qu’ils n’ont pas de casier judiciaire au Vénézuéla (Human Rights Watch 18 avr. 2017).

3.3 Sortir du Vénézuéla par voie maritime

Le représentant de l’OIM a déclaré que les Vénézuéliens n’ont pas le droit de sortir du pays par voie maritime (OIM 28 juill. 2017). Cependant, des sources signalent qu’il y a des Vénézuéliens qui fuient par bateau (journaliste 24 juill. 2017; CVEF 19 juill. 2017; The New York Times 25 nov. 2016). Selon des sources, ceux qui quittent le pays par voie maritime le font parce qu’ils ont un faible revenu et n’ont pas les moyens de s’offrir des billets d’avions (ibid.; CVEF 19 juill. 2017). Selon Fox News, [traduction] « la limite nord du Vénézuéla est située à moins de 20 milles des territoires néerlandais; il s’agit donc de la voie idéale pour des dizaines de personnes qui tentent de fuir » le Vénézuéla (Fox News 13 sept. 2016). D’autres sources affirment également que des Vénézuéliens tentent d’atteindre Curaçao et d’autres îles des Caraïbes à bord de radeaux de fortune (The Washington Post 1er janv. 2017; Miami Herald 12 août 2016). Le journaliste a expliqué que les personnes qui quittent le Vénézuéla par bateau le font souvent de manière [traduction] « illégale », en se soustrayant aux autorités en passant par la péninsule de Paraguaná, et qu’il est difficile d’évaluer le nombre de personnes qui fuient de cette manière (journaliste 24 juill. 2017).

Selon le New York Times, Curaçao a imposé de nouvelles restrictions en matière de visas aux vénézuéliens en 2015 (The New York Times 25 nov. 2016). La même source affirme que

[l]es petites îles des Caraïbes avoisinant le Vénézuéla sont beaucoup moins accueillantes [que le Brésil] et affirment qu’elles ne peuvent tout simplement pas absorber le flot d’arrivants. Celles qui sont les plus proches de la côte vénézuélienne, Aruba et Curaço, ont effectivement fermé leurs frontières aux Vénézuéliens pauvres en [2015] en exigeant qu’ils présentent la somme de 1 000 $ [US] en espèces avant de les laisser entrer, ce qui équivaut à plus de cinq années de revenus d’emploi au salaire minimum (ibid.).

Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens ni aucun renseignement additionnel.

4. Personnes recherchées ou prises pour cible par le gouvernement

Selon des sources, les personnes recherchées ou prises pour cible par le gouvernement risquent de voir leur passeport déclaré [traduction] « perdu » (CVEF 19 juill. 2017; journaliste 24 juill. 2017). Le journaliste a expliqué que, par exemple, les passeports des membres de l’opposition politique peuvent être [traduction] « aléatoirement annulés », ou que le gouvernement peut refuser de les renouveler, [traduction] « ce qui signifie que ces personnes ne pourraient pas quitter le pays par les voies officielles » (ibid.). Univisión, un réseau de télévision en langue espagnole des États-Unis, explique que les documents de Henrique Capriles et de Luis Florido, des représentants de l’opposition, ont été invalidés parce que le système signalait qu’ils avaient été [traduction] « perdus » ou [traduction] « volés » (Univisión 18 mai 2017). Le représentant de l’OIM a affirmé que,

[m]ême si l’OIM n’a pas été officiellement informée de ces restrictions, les médias signalent que des membres du Bureau de l’unité nationale (Mesa de Unidad Nacional - MUD) se sont vu imposer des peines judiciaires les empêchant de quitter le pays […] Il est important de préciser que des représentants des autorités migratoires vénézuéliennes ont par la suite justifié ces mesures en affirmant que ces passeports avaient été déclarés volés. [Un] [r]eprésentant du SAIME a également signalé que ces plaintes n’étaient qu’une stratégie des politiciens et des journalistes de l’opposition visant à déstabiliser le pays (OIM Caracas 28 juill. 2017).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Note

[1] La CVEF est une organisation non gouvernementale établie à Montréal et [traduction] « créée par un groupe de Vénézuéliens exilés voués à la défense des [d]roits [h]umains, aux engagements à divers niveaux entre la diaspora vénézuélienne et les différents partenaires au sein du gouvernement du Canada, ainsi qu’à la promotion des programmes éducatifs et de la formation par voie de stages et des services d’établissement pour les réfugiés » (CVEF s.d.).

Références

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Globovisión. 7 juillet 2017. « AN publicó cifras extraoficiales de la inflación del primer semestre de 2017 ». [Date de consultation : 29 août 2017]

The Guardian. 17 juillet 2017. Sibylla Brodzinsky et al. « 'At Home, We Couldn't Get By': More Venezuelans Flee as Crisis Deepens ». [Date de consultation : 18 juill. 2017]

Human Rights Watch. 18 avril 2017. « Venezuela: Humanitarian Crisis Spilling into Brazil ». [Date de consultation : 18 juill. 2017]

Journaliste. 24 juillet 2017. Communication écrite envoyée à la direction des recherches.

Miami Herald. 26 juillet 2017. Jim Wyss. « Colombia's Avianca Becomes Latest Airline to Suspend Service to Venezuela ». [Date de consultation : 10 août 2017]

Miami Herald. 12 août 2016. Jim Wyss. « Fleeing Venezuela: On Foot and by Raft, Seeking a Fresh Start Abroad ». [Date de consultation : 14 juill. 2017]

Miami Herald. 18 juillet 2016. Jim Wyss. « Amid Venezuelan Crisis, Poll Shows 'Groundswell' of Support to Oust President ». [Date de consultation : 14 juill. 2016]

The New York Times. 25 novembre 2016. Nicholas Casey. « Hungry Venezuelans Flee in Boats to Escape Economic Collapse ». [Date de consultation : 14 juill. 2017]

The New Yorker. 10 avril 2014. Girish Gupta. « The Venezuelan Air-Travel Paradox ». [Date de consultation : 20 juill. 2017]

Organisation internationale pour les migrations (OIM). 28 juillet 2017. Communication écrite envoyée à la direction des recherches par un représentant.

Reuters. 20 avril 2017. Corina Pons. « Venezuela reporta al FMI una inflación de 274 pct en 2016 ». [Date de consultation : 29 août 2017]

Reuters. 20 janvier 2017. Corina Pons and Brian Ellsworth. « Venezuela 2016 Inflation Hits 800 Percent, GDP Shrinks 19 Percent: Document ». [Date de consultation : 19 juill. 2017]

TeleSUR. 13 août 2016. « Venezuela y Colombia reabren frontera con Tarjeta Migratoria ». [Date de consultation : 19 juill. 2017]

Toronto Star. 10 avril 2017. Nicholas Keung. « Food Crisis, Violence Prompt Spike in Venezuelan Asylum Seekers in Canada ». [Date de consultation : 14 juill. 2017]

Univisión. 18 mai 2017. Pedro Pablo Peñaloza. « Anulan el pasaporte a líder opositor venezolano Henrique Capriles y lo obligan a permanecer en el país ». [Date de consultation : 24 juill. 2017]

Vénézuéla. 10 janvier 2017. Ambassade du Vénézuéla à Santiago, au Chili. « Viajar sin pasaporte ». [Date de consultation : 29 août 2017]

Vénézuéla. 2004. Ley de Nacionalidad y Ciudadanía. [Date de consultation : 10 août 2017]

Vénézuéla. S.d. Servicio Administrativo de Identificación, Migración y Extranjería (SAIME). « Pasaporte – Pasaporte provisional ». [Date de consultation : 29 août 2017]

The Washington Post. 1er janvier 2017. Marina Lopes and Nick Miroff. « Hungry Venezuelans Flood Brazilian Towns, as Threat of Mass Migration Looms ». [Date de consultation : 18 juill. 2017]

Autres sources consultées

Sources orales : Asociación Migrantes de Venezuela; Econométrica; Human Rights Watch; journaliste, Al Jazeera; journaliste, Miami Herald; journaliste, NPO Radio 1; journaliste, NRC Handelsblad; journaliste, NOS Journaal; Nations Unies – Haut Commissariat pour le réfugiés; Organisation internationale pour les migrations, Guyana; Observatorio Hannah Arendt; professeur d’études latino-américaines et du développement, CENTRUM Graduate Business School, Pontificia Universidad Católica del Perú; Vénézuéla – Aeropuerto Internacional de Maiquetía « Simón Bolívar », Guardia Nacional Bolivariana, Servicio Administrativo de Identificación, Migración y Extranjería.

Sites Internet, y compris : Caribisch Netwerk; CNBC; Correo del Caroní; De Volkskrant; Een Vandaag; El Estímulo; Euronews; Globovisión; Kaieteur News; Legalmondo; Mercopress; NRC Handelsblad; PanAm Post; Revista Venezolana; Stabroek News; Vénézuéla – Servicio Administrativo de Identificación, Migración y Extranjería; Viajeros.com; World News Info.



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