Réponses aux demandes d'information

​​​Les réponses aux demandes d’information (RDI) sont des rapports de recherches sur les conditions dans les pays. Ils font suite à des demandes des décideurs de la CISR.

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Les réponses aux demandes d'information (RDI) citent des renseignements qui sont accessibles au public au moment de leur publication et dans les délais fixés pour leur préparation. Une liste de références et d'autres sources consultées figure dans chaque RDI. Les sources citées sont considérées comme les renseignements les plus récents accessibles à la date de publication de la RDI.    

Les RDI n'apportent pas, ni ne prétendent apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile donnée. Elles visent plutôt à appuyer le processus d'octroi de l'asile. Pour obtenir plus de renseignements sur la méthodologie utilisée par la Direction des recherches, cliquez ici.   

C'est aux commissaires indépendants de la CISR (les décideurs) qu'il incombe d'évaluer les renseignements contenus dans les RDI et de décider du poids qui doit leur être accordé après avoir examiné les éléments de preuve et les arguments présentés par les parties.    

Les renseignements présentés dans les RDI reflètent uniquement les points de vue et les perspectives des sources citées et ne reflètent pas nécessairement la position de la CISR ou du gouvernement du Canada.    

10 avril 2013

CHN104384.EF

Chine : information sur la langue d'enseignement dans les écoles que fréquentent les Coréens d'origine dans les provinces du Heilongjiang, du Jilin et du Liaoning; liste des écoles coréennes établies à Muling, dans le Heilongjiang, depuis 1960

Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa

Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, une professeure agrégée d'histoire et d'études asio-américaines de l'Université Northwestern, à Evanston, en Illinois, qui a mené des recherches sur les Coréens d'origine établis en Chine, a expliqué qu'à sa connaissance, il existe deux types d'école que les Coréens d'origine peuvent fréquenter dans les provinces du Heilongjiang, du Jilin et du Liaoning (professeure agrégée 8 avr. 2013). Elle a fait état de ce qui suit :

[traduction]

Les deux types d'écoles sont financés par l'État. Le premier type est l'école publique normale telle qu'on la retrouve dans toute la Chine; la principale langue d'enseignement dans ces établissements est le mandarin. Le deuxième type est l'école coréenne financée par les administrations locales, conformément aux politiques de la Chine sur l'autonomie culturelle des minorités ethniques. Dans ces écoles, la principale langue d'enseignement est le coréen, mais le mandarin est également enseigné et utilisé. À la fin de leurs études, les élèves de ces écoles sont généralement bilingues - ils maîtrisent le coréen et le mandarin -, mais il semble que leurs compétences en mandarin écrit soient relativement inférieures à celles des diplômés des écoles publiques normales. De plus, le coréen utilisé dans cette région de la Chine n'est pas identique à celui qui a cours en Corée du Sud. Il existe de petites différences, néanmoins importantes, dans le vocabulaire, les expressions et l'usage, que l'on peut comparer aux différences entre l'anglais britannique et l'anglais américain. Des années 1960 jusqu'aux années 1990, la très vaste majorité de la population d'origine coréenne établie dans le Nord-Est de la Chine fréquentait des écoles coréennes. Cependant, depuis les années 1990, de plus en plus de Coréens fréquentent les écoles normales, car les jeunes générations de parents estiment qu'une immersion culturelle et linguistique complète en langue mandarine ainsi que la fréquentation de camarades chinois favorisent l'avancement social et professionnel. (ibid.)

Dans une communication envoyée à la Direction des recherches, un professeur émérite du Département des études gouvernementales au Claremont McKenna College de Claremont, en Californie, qui a visité les trois provinces et rédigé des ouvrages au sujet de la minorité coréenne en Chine et des relations entre la Chine et la Corée, a fait observer ce qui suit :

[traduction]

Un étudiant d'origine coréenne peut, dans chacune des trois provinces du Nord-Est, fréquenter une école où la principale langue d'enseignement est le chinois ou une école où la principale langue d'enseignement est le coréen. Il y a des écoles de langue coréenne dans les trois provinces. Si un étudiant d'origine coréenne fréquente une école où l'enseignement se donne en coréen, il a la possibilité d'étudier le chinois. Cependant, le niveau de maîtrise de la langue chinoise varie (professeur émérite 8 avr. 2013).

La question des écoles fréquentées par la minorité coréenne en Chine est également examinée dans l'ouvrage Becoming a Model Minority: Schooling Experiences of Ethnic Koreans in China, que Fang Gao, boursière de recherches postdoctorales au Centre pour l'avancement de l'enseignement et de la recherche en langue chinoise (Centre for Advancement of Chinese Language Education and Research) à l'Université de Hong Kong, a publié en 2010 (Gao 2010). L'auteure y affirme ce qui suit :

[traduction]

Il existe deux types d'écoles dans les localités à forte concentration coréenne du Nord-Est de la Chine : les écoles coréennes et les écoles chinoises. Dans les écoles coréennes, les étudiants ont le choix de recevoir l'enseignement et de passer les examens dans leur propre langue. La langue d'enseignement est le coréen, et le chinois est l'une des matières enseignées (ibid. 2010, 22).

D'après Fang Gao, quand la révolution culturelle a commencé, en 1966, le gouvernement a cessé de financer les écoles coréennes, bon nombre d'entre elles ont dû fermer leurs portes parce que les parents transféraient leurs enfants dans des écoles chinoises, et les étudiants qui sont demeurés dans des écoles coréennes ont été tenus de consacrer plus de temps à l'apprentissage du chinois (ibid., 21). Fang Gao fait observer qu'à la fin des années 1970, pendant la période de réforme qui a suivi la révolution culturelle, les autorités chinoises [traduction] « ont adopté une politique pragmatique et conciliante à l'égard des nationalités minoritaires », laquelle comprenait des mesures visant à promouvoir l'enseignement bilingue pour les Coréens d'origine (ibid., 22). Elle qualifie de [traduction] « remarquable » le nombre d'écoles, d'étudiants et d'enseignants coréens, comparativement à la situation des autres minorités ethniques en Chine (ibid., 23).

Données démographiques

Des sources signalent que, selon les données du recensement de 2000, environ 1,9 million de Coréens vivent en Chine, majoritairement dans les provinces du Jilin, du Heilongjiang et du Liaoning (Gao 2010, 9; Ethnologue 2013a). Fang Gao fait état de données provenant du recensement de 1990, selon lesquelles 62 p. 100 de la population d'origine coréenne réside dans la province du Jilin, 24 p. 100 dans le Heilongjiang, et 12 p. 100 dans le Liaoning (2010, 10). De même, selon l'édition 2013 d'Ethnologue, un ouvrage de référence qui répertorie les langues dans le monde (Ethnologue 2013b), 60 p. 100 de cette population vit dans le Jilin, 20 p. 100 dans le Heilongjiang, et 13 p. 100 dans le Liaoning (ibid. 2013a). On peut lire dans Ethnologue que 1,2 million de ces Coréens sont [traduction] « unilingues » (ne parlent que le coréen) et que 700 000 s'expriment aussi en chinois (ibid.). Cependant, Fang Gao affirme que la [traduction] « vaste majorité savent aussi lire et écrire dans l'autre langue » (2010, 23). D'après des sources qui se fondent sur les statistiques du recensement de 2000, environ 3 p. 100 des Coréens qui vivent en Chine sont analphabètes (ibid.; Ethnologue 2013a); comme le fait remarquer Fang Gao, il s'agit du taux d'analphabétisme le plus faible de la Chine (2010, 23).

Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucune liste des écoles coréennes établies à Muling, dans le Heilongjiang, depuis 1960.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Ethnologue: Languages of the World. 2013a. 17th ed. « Korean ». Sous la direction de M. Paul Lewis, Gary F. Simons et Charles D. Fennig. Dallas : SIL International. [Date de consultation : 5 avr. 2013]

Ethnologue: Languages of the World. 2013b. 17th ed. « About the Ethnologue ». Sous la direction de M. Paul Lewis, Gary F. Simons et Charles D. Fennig. Dallas : SIL International. [Date de consultation : 9 avr. 2013]

Gao, Fang. 2010. Becoming a Model Minority: Schooling Experiences of Ethnic Koreans in China. Lanham, Boulder, New York, Toronto, Plymouth, UK : Lexington Books.

Professeure agrégée, History and Asian American Studies, Northwestern University, Evanston, Illinois. 8 avril 2013. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.

Professeur émérite, Department of Government, Claremont McKenna College, Claremont, Californie. 8 avril 2013. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.

Autres sources consultées

Sources orales : Un professeur de la Purdue University n'a pas été en mesure de fournir des renseignements.

Sites Internet, y compris : Chine – China Internet Information Center, Ministry of Education; Factiva; Minorities at Risk; Minority Rights Group International; Nations Unies – Refworld.



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